La boulangerie de Fenioux (Deux-Sèvres), près de Parthenay, est en procédure de liquidation judiciaire. C’est évidemment une situation difficile pour ce village de 630 habitants, qui perd ainsi son seul commerce. Valérie Texier, maire de la commune, indique : « Le conseil municipal et les habitants veulent qu’une boulangerie reste à Fenioux. C’est le plus important pour nous ». Elle répond à nos questions.
Propos recueillis par Yannick Urrien.
Journal des Communes : Comment expliquez-vous la fermeture de votre boulangerie ? Les habitants jouent-ils le jeu ?
Valérie Texier : La concurrence des grandes surfaces joue beaucoup. Lorsque l’on a un nouveau commerce, une boulangerie ou autre chose, généralement les habitants jouent le jeu pendant une année ou deux. Mais, après, ils reprennent leurs mauvaises habitudes. Quand on fait ses courses au supermarché, on s’habitue à y prendre le pain, c’est souvent ce qui se passe. Chez nous, lorsque la boulangerie a été reprise en 2020, cela fonctionnait vraiment très bien et il y avait même la queue sur la place. On n’avait jamais vu ça. Cependant, il faut savoir que dans une commune voisine, le nouveau maire avait basé son programme sur la création d’une boulangerie. Nos boulangers étaient en charge de ce projet et Fenioux est devenu un dépôt de pain et de gâteaux. Mais cela fonctionnait quand même. Les boulangers ont été obligés de s’endetter énormément et c’est ce qui a entraîné la chute des deux boulangeries, parce qu’ils ont tout dépensé en deux ans. J’ai remarqué que dans beaucoup de commerces, les choses fonctionnent bien les premières années et cela devient plus difficile après. Ensuite, c’est un cercle vicieux : comme il y a moins de monde, le commerce ferme l’après-midi. Et plus l’établissement est fermé, plus cela devient difficile… Aujourd’hui, dans nos petites communes, il y a plusieurs boulangeries qui ferment aux alentours. Il y a évidemment la conjoncture qui n’arrange pas les choses, notamment les prix de l’électricité.
JDC : Une boulangerie est-elle viable dans une commune comme la vôtre ?
VT : Oui, parce que nous sommes situés sur un axe où il y a beaucoup de passage. Nous ne sommes pas enclavés, la boulangerie est au bord d’une départementale. Donc, cela ne peut que fonctionner.
JDC : Vous avez lancé un appel pour trouver des repreneurs : où en êtes-vous ?
VT : Le problème, c’est que la boulangerie est en liquidation judiciaire. C’est une entreprise privée à 100 %. La commune ne possède pas les murs ou le fonds, donc le liquidateur doit essayer de trouver quelqu’un. Après, ce sera une vente aux enchères qui sera organisée pour le fonds de commerce. Mais il y a quelque chose à faire, il faut simplement avoir de la volonté. Cela pourrait très bien être une épicerie avec un dépôt de pain. Mais c’est très compliqué, parce que nous sommes de plus en plus limités et, en tant que mairie, on ne peut pas faire tout ce que l’on voudrait. Notre souhait serait vraiment qu’une boulangerie, ou n’importe quel commerce, reste sur Fenioux, peu importe l’activité. Nous sommes une commune rurale très excentrée, avec quand même 82 hameaux. Donc, nous essayons toujours d’aller au plus près.