Economie circulaire : Nicolas Hulot lance un appel à une mobilisation générale

Nicolas Hulot a ouvert le 27 juin les troisièmes Assises de l'économie circulaire. Appelant à la mobilisation générale "pour aller plus loin dans ce domaine devenu une évidence", le ministre a assuré que l’économie circulaire figure en bonne place dans le plan d'action climat qu'il doit bientôt présenter. 

 

Les troisièmes Assises de l’économie circulaire, organisées par l’Ademe, se tiennent jusqu’au 28 juin à Paris. Elles ont fait salle comble pour leur matinée d’ouverture par le nouveau ministre Nicolas Hulot avec, à ses côtés, Bruno Lechevin. Le président de l’Ademe, livrant les axes de réflexion de l’Agence à ce sujet, a indiqué que “même si le chemin reste long à parcourir, les entreprises ne sont pas les seules à intégrer les principes de l’économie circulaire et que, pour les collectivités également, elle offre de belles opportunités de développement d’emplois”.

Un constat dans la continuité de récentes analyses, dont celle du Sénat (voir notre article dans l’édition du 22 février 2017), qui observe aussi que l’économie circulaire est bien une réalité dont se saisissent les territoires. Preuve de leur inventivité dans le domaine, quatre régions – Centre-Val de Loire, Pays de la Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Normandie – sont intervenues lors des assises pour exposer leur stratégie de portage et d’animation de l’économie circulaire. Ce qui fait dire à Bruno Lechevin que “la dynamique est bel et bien réelle” : “L’économie circulaire est désormais intégrée à l’agenda politique et à la législation. Les régions en perçoivent le potentiel, l’intègrent à leur stratégie et y voient un moyen d’associer le développement économique, l’innovation et la préservation du climat”.

 

L’appui aux collectivités

L’élaboration de plans régionaux déchets assortis d’objectifs d’économie circulaire suit son cours. Pour rappel, l’Ademe appuie les collectivités qui veulent s’engager dans une démarche territoriale forte d’économie circulaire par la proposition de signature d’un contrat d’objectifs dédié (Codrec). “Huit Codrec ont été signés, cinq autres le seront d’ici la fin de l’année”, recense Bruno Lechevin. Avantage de l’outil : il permet de poser un diagnostic partagé déchets et économie circulaire du territoire et, partant de là, définit des objectifs et un programme d’actions.
“Les choses bougent, on le voit bien. Hier, le concept d’économie circulaire était perçu comme une bête curieuse ou synonyme d’une économie de misère. Aujourd’hui, il progresse, c’est la seule économie qui nous permettra d’être dans la durabilité et de sortir de la société du gâchis”, abonde Nicolas Hulot. Le ministre a confirmé que cette priorité figure en bonne place dans le plan d’action climat transmis il y a une semaine à Matignon et qu’il s’apprête à bientôt dévoiler : “L’économie circulaire fera partie des outils et de la stratégie”.

 

Un enjeu de montée en compétences

Pour Marc Cheverry, directeur adjoint en charge du sujet à l’Ademe, le changement de modèle que l’économie circulaire induit nécessite dans les territoires un accompagnement et une montée en compétences dans certains domaines comme la réparation des produits, qui contribue au prolongement de leur durée de vie et s’impose déjà comme une filière fortement créatrice d’activités. Repérage, appui et accompagnement à l’essaimage d’initiatives locales… Concrètement cela peut aussi se traduire par une accélération des formations et d’actions de sensibilisation à d’autres formes d’économies comme celle du réemploi.
“En France nous avons Emmaüs, dont l’économie circulaire est le cœur d’activité : soyons en fiers !”, a insisté Nicolas Hulot, non sans taire les difficultés de la filière de la récupération textile. Le juste positionnement des collectivités consisterait ainsi, selon Marc Cheverry, à être des facilitatrices sur le sujet et à porter, animer sur le terrain des projets liés à ces nouveaux modèles et métiers qui accroissent la valeur d’usage des biens.

 

Déverrouiller l’innovation

Le ministre parle de libérer les capacités d’innovation : “Il faut faciliter les expérimentations, identifier ce qui fonctionne, le généraliser et voir les choses en grand dans le changement des modèles alimentaires, énergétiques et économiques”. Et si la réglementation bloque ? “S’il faut l’adapter, ce sera un travail de dentelle. Étant breton d’adoption, la dentelle, cela me connaît”, sourit-il. En termes de mise en œuvre, Bruno Lechevin a annoncé le lancement prochain, côté entreprises, de diagnostics déchets-énergie dans un demi-millier de PME et, côté collectivités, “d’une expérimentation dès janvier 2018 pour mettre en place un label avec dix collectivités volontaires”.

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