Léonard, étudiant en troisième année de médecine à Paris, a eu I’idée de demander à une commune rurale de financer ses études de médecine en contrepartie de son installation future.
Propos recueillis par Yannick Urrien.
La municipalité de Plévenon (Côtes-d’Armor), qui compte 800 habitants, vient de voter une bourse de 400 euros par mois contre sept ans d’installation en libéral. Le jeune homme a fait savoir qu’une fois la période écoulée, il n’envisageait pas de quitter la commune. Nous avons interrogé le maire, Hervé Van Praag.
Journal des Communes: Ce n’est pas vous qui avez eu cette initiative, mais un étudiant qui vous a proposé de financer ses études en contrepartie de son installation future. Comment les choses se sont-elles passées ?
Hervé Van Praag: Il est venu avec tous les papiers, son CV, ainsi que le décret de I’Etat comme quoi les collectivités territoriales pouvaient subventionner un médecin étudiant, à condition d’être dans une zone déficitaire en termes de médecins. Au début, je doutais de la légalité de cette proposition. Il y a trois ans, nous n’avons pas eu le droit d’aider un cabinet infirmier, car nous ne sommes pas dans une zone déficitaire pour les infirmiers. Pour les médecins, c’est différent.
JDC: Ce n’est pas une si grosse somme que d’investir 400 € par mois pour financer les études de ce jeune homme…
HVP: Non, ce n’est pas très important pour notre budget, mais cela fait quand même une somme assez importante au fil des années.
JDC: Plévenon est l‘une des plus belles communes de Bretagne. Comment expliquez-vous cette pénurie de médecins ?
HVP: Nous avons des sites emblématiques, notamment le Cap Fréhel, c’est vraiment une commune magnifique. Je pense que I’Etat a fait des erreurs, il y a une vingtaine d’années, dans sa vision du long terme. D’ailleurs, sur le plan des commerces, nous n’avons aucun problème : nous sommes une commune attractive, avec un boulanger, un café, un boucher, une coiffeuse, un magasin de vêtements… Nous sommes une petite commune, mais nous avons beaucoup de petits commerces, notamment grâce au tourisme.
JDC: Autre sujet d’actualité: que pensez-vous du débat sur les prix des logements en Bretagne, qui ne permettent plus aux locaux de se loger ?
HVP: C’est exact, on voit bien que les prix ont fortement augmenté et qu’il est très compliqué pour les jeunes de s’installer. Nous avons acheté ne maison pour en faire un pôle santé, avec un logement à l’étage, justement pour loger un médecin. Nous avons aussi réhabilité le logement du directeur de l’école afin d’en faire un logement pour les saisonniers, car les entreprises avaient de nombreux problèmes pour les loger. Pour les jeunes couples, c’est vraiment très difficile, parce que c’est très coûteux. La Covid n’a pas été très positive puisque, après la crise sanitaire, il n‘y avait plus rien à acheter à Plévenon. Ce sont essentiellement des Parisiens ou des personnes de Rennes qui sont venus acheter.