Rendre hommage au travail des anciens en maintenant le patrimoine

À Saint-Michel-de-Lapujade, un village de 220 habitants situé en Gironde, une association se bat
pour restaurer l’église Notre-Dame-de-Lorette, un bijou du patrimoine en danger. En novembre
2021, le maire de la commune, Christian Malandit-Sallaud, avait tiré la sonnette d’alarme car il devait trouver 273 000 euros afin de réaliser des travaux d’urgence: « J’ai besoin d’une association chargée de la préservation et de la restauration de l’église de Lorette, dont la mission serait d’animer le site et de collecter des fonds. » La Mission Patrimoine, dite Mission Bern, va aider à financer les travaux de rénovation. L’association, créée en février 2022, prend en charge, aux côtés de la commune, la responsabilité du dossier.

Propos recueillis par Yannick Urrien

Journal des Communes : Quelle est l’histoire de cette église ?

Christian Malandit-Sallaud : En 1154, des enfants qui gardaient un troupeau ont vu apparaître une dame d’une
grande beauté près d’une source. Ils sont partis prévenir leurs parents et, quand ils sont revenus, ils ont trouvé une statue en bois de la Vierge Marie qui avait été déplacée. Mais, le lendemain, la statue avait regagné sa place auprès de la source. Depuis, cette église est devenue un lieu de pèlerinage, jusque dans les années 60. Cet édifice comporte un rez-de-jardin, avec l’eau de la source qui coule près de l’autel, et ce sont les mêmes dimensions que Notre-Dame-de-Lorette en Italie. Une église haute a été construite en 1864. L’église haute est très lumineuse. Elle comporte des vitraux remarquables et, en plus, c’est une église qui a une acoustique excellente. Lorsque j’ai lancé les devis initiaux en 2018, nous étions sur une enveloppe de 276 000 €. Or nous sommes passés à 806 000 € en travaux urgents, car j’ai dû fermer l’église haute depuis. Nous avons donc décidé de faire le maximum pour entretenir et restaurer cette église, parce que c’est un lieu très important pour les catholiques, mais aussi pour tous les amoureux du patrimoine. Je veux également rendre hommage au travail des anciens en maintenant ce patrimoine. On doit par ailleurs revoir tout l’écoulement de l’eau, puisque cette église a été construite sur un terrain marécageux. Nous avons aussi un affaissement des poutres et de la façade ouest. Malheureusement,
notre commune de 200 habitants ne peut pas se permettre de restaurer toute seule un tel édifice. Nous avons dû cesser de faire sonner les cloches, dont les supports étaient dans la pierre et, en raison de la rouille, la pierre a éclaté. À la place, j’ai fait installer une sonnerie électrique, mais le rendement n’est évidemment pas le même que lorsque l’on fait sonner les cloches. C’est un édifice vraiment important sur le plan patrimonial, mais aussi sur le plan culturel et cultuel. Nous souhaitons que cet édifice fasse partie du Pays d’Artet d’Histoire du Sud Gironde qui est en train de se mettre en place en ce moment. |l faut que vos lecteurs viennent visiter notre édifice. Ce n’est pas une cathédrale, mais pour une petite commune comme la nôtre, c’est un bâtiment qui représente beaucoup de valeur.

Malheureusement, notre commune ne peut restaurer l’église toute seule.

JDC : La Mission Patrimoine de Stéphane Bern a décidé de vous aider : que vous manque-t-il maintenant ?

CMS : Pour l’instant, ce qui nous manque, c’est la dotation d’équipement des territoires ruraux. Nous avons fait une demande auprès de la préfecture, à hauteur de 175 000€, mais il restera encore 320 000 € à sortir. Nous venons de signer une convention avec la Fondation du Patrimoine pour lancer la collecte de dons. Tout se met en place et j’espère que nous pourrons commencer les travaux au début du deuxième semestre. Les travaux devraient durer une année pour la première tranche de travaux urgents. 

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