Stéphane Frère, maire de Bonnesvalyn, une petite commune de 250 habitants dans l’Aisne, s’est
lancé le défi de parcourir à vélo 750 kilomètres depuis Nice jusqu’au Vatican. Il espère ainsi récolter suffisamment de dons pour financer la rénovation de l’église de son village, un édifice du XIIe siècle en mauvais état. Le coût des travaux s’élève à 700 000 euros, financés à 90 % par les subventions du département, de la Région et de l’Etat. Cependant, le reste à charge de 70 000 euros est trop important pour une commune de cette taille.
Propos recueillis par Yannick Urrien.
Journal des communes : Pourquoi avez-vous décidé d’effectuer ce périple de 750 kilomètres à vélo?
Stéphane Frère : J’ai décidé de rejoindre le Vatican à vélo afin de médiatiser notre volonté de réhabiliter l’église de notre village. Évidemment, nos bâtiments sont classés et nous allons avoir 80 % de subventions. Nous avons même reçu une autorisation de dépassement des subventions. Il va falloir compléter cette somme et cela reste quand même important, car nous sommes une petite commune de 250 habitants. Sur un budget de 700 000 €, sans aller jusqu’au bout des travaux, la prise en charge communale reste importante pour nous. Je dois donc trouver des moyens alternatifs pour compléter ce qui nous manque, à savoir 100 000 €. Ce parcours à vélo entraîne une communication dans les médias, notre conversation en est une preuve, et j’observe que la médiatisation est efficace. Par exemple, ma mère habite dans un village à quelques kilomètres et un voisin est venu lui remettre un chèque de 500 € pour la mairie de Bonnesvalyn. C’est un chèque qui a été donné par un entrepreneur musulman qui à voulu faire un geste respectueux.
JDC : Qu’allez-vous faire au Vatican?
SF : Je vais essayer de rencontrer du monde. J’ai rencontré le prêtre de Gênes, qui m’a dit qu’il allait faire des prières pour moi. C’est gentil de sa part, mais j’aurais préféré qu’il intervienne auprès du Vatican… Maintenant, je vais essayer de rencontrer quelqu’un au Vatican pour tenter d’obtenir une subvention.
Il y a un véritable enthousiasme de la population pour mon engagement afin de restaurer notre église.
JDC : Comment la population de votre village réagit-elle?
SF : Il y a un véritable enthousiasme. J’ai eu de nombreux retours positifs. C’est vraiment un moteur psychologique pour moi, car faire ce périple à vélo, avec cette chaleur, est un challenge assez difficile. J’ai vraiment été content d’être porté par les habitants de mon village. Nous recevons des dons de la part de personnes que nous ne connaissons pas et c’est vraiment magnifique. Je ne sais pas si nous allons atteindre cette somme de 100 000 €, mais on peut espérer faire quelque chose de beau grâce au soutien des médias.